News du Luxe

transition viticole
12 | 03 | 21

Biologique et responsable : La transition viticole

Volonté de proximité, de santé, de transparence et de circuits courts, depuis une dizaine d’années et une prise de conscience collective, beaucoup de marchés convergent vers des modèles plus responsables. Le secteur viticole n’est pas en reste, et connaît lui aussi un changement profond, avec une croissance significative des vins labélisés bio. Entre alternatives économiques, opportunités et nouvelles attentes, zoom sur ce label qui séduit au-delà des frontières françaises.

 

Explications

 

N’est pas bio qui veut. 

 

À ne pas confondre avec la biodynamie, la production de vin biologique réside dans la limitation de l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques lors de la culture des vignes, ainsi que du nombre d'intrants lors de la vinification. Ce processus, très contrôlé et répondant à un cahier des charges strict dicté par l’Agence Bio, s’inscrit dans un effort de fond de la part des viticulteurs.

 

En effet, pendant la durée moyenne de conversion d’un vignoble, qui est de trois ans (renouvellement de la terre, adaptation des raisins…) le rendement de la vigne est nettement plus faible et implique d’importants investissements matériels et administratifs. Des efforts certes, mais souvent payants, au vu de l’évolution du marché ces dernières années.

 

Croissance et transformation

 

Si tant de vignerons se tournent vers le bio, c'est avant tout parce qu’il s’agit d’une nouvelle opportunité. D’après l’institut IWSR (drinks market analysis) en France, le marché du vin biologique avoisinera d’ici 4 ans, le milliard d’euros. Cette croissance est directement liée à la volonté de la part des clients de tendre vers une agriculture plus raisonnée, plus saine, sans herbicides, sulfates et autres produits phytosanitaires agressifs. En effet, la santé est au cœur des préoccupations, et le label bio agirait comme un signe rassurant, symbole d’un meilleur choix pour son corps et pour l’environnement.

 

Une tendance  qui se confirme : selon une enquête de l'agence bio, un client français sur deux souhaiterait avoir un plus grand choix de bio lors de ses achats de vins. Coté persona, le vin bio attire une clientèle plutôt jeune, urbaine et aisée, mais aussi de nombreux restaurateurs, qui souhaitent diversifier leur offre, en proposant en moyenne 5 références différentes à la carte. Quantité et valeur certes, mais également visibilité : le marché du biologique étant moins grand que le conventionnel, il permet aux domaines et aux vignerons de mettre en lumière leur production et leur savoir faire.

 

 

Des modèles alternatifs

 

Au-delà de la certification, c’est tout un concept de préservation et d’engagement éthique dont il est question.

Dans le jura, le domaine Ganevat par exemple a su élever sa production au rang de grand vin de terroir : grâce à des rendements faibles, un travail sur-mesure, un vieillissement dans des jarres de terre cuite et une multiplication des cuvées parcellaires. Autant d’investissements pour rester le moins interventionniste possible et se hisser comme une référence dans le secteur.

 

Autre modèle d’adaptation, celui de la maison de champagne Ruinart, qui à pris des engagements forts dans le domaine de la viticulture durable: sur les 10 dernières années, la Maison a réduit de 40% son utilisation d'intrants (fertilisants et produits phytosanitaires), et projette un arrêt complet de l'utilisation d'herbicides d'ici fin 2020. Parallèlement, la démarche d'éco-conception est intégrée dans tous les développements et l'usage du plastique est proscrit pour tous les emballages.

 

Toujours en Champagne, c’est aussi la Maison Vranken-Pommery qui a annoncé la mise en conversion à la viticulture biologique de 175 hectares sur 285 ha gérés par le groupe. “Une évidence”, pour Paul-François Vranken, patron du groupe, qui ne souhaite pas pour autant en oublier les autres certifications environnementales obtenues par la Maison, comme la “Haute Valeur Environnementale” et “Viticulture Durable en Champagne” mais évoque des démarches parfaitement complémentaires, toujours orientées vers l’avenir.

 

 

Comme en témoigne Thibaut de La Rivière, directeur de Sup de luxe :

« Le marché viticole est plus que jamais au service de l’émotion. Un idéal de production cherchant à répondre à des attentes ciblées, et qui pourrait devenir un incontournable dans la quête de produits toujours plus authentiques »