Figure de proue de nombreuses créations, étincelant sur les parures, roi des bagues de fiançailles, le diamant est depuis toujours une pierre très prisée par l’industrie joaillière. Mais, depuis quelques années, les codes changent avec l’arrivéz de diamants de synthèse directement issus de la haute technologie. Innovation surprenante, ouverture de nouveaux marchés, lumière sur une nouveauté qui bouscule la tradition de la haute-joaillerie et du luxe.

 

Innovation et éthique

 

C’est la nouveauté qui fait parler place Vendôme. Si la mode, l’horlogerie ou encore l’art connaissent leur lot d’innovation technologique (autant en terme de production que de distribution), la joaillerie n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’évolution. Preuve en est avec le diamant de synthèse : une pierre artificielle, conçue en laboratoire, absolument similaire au véritable diamant d’un point de vue gemmologique.

 

Au cœur de ce processus, deux méthodes :

  • La première : on place un infime grain de diamant au centre d’une presse et on le soumet à une extrême pression, ainsi qu’a une température d’environ 1500 degrés. Ce processus a pour but d’agréger les atomes de carbone autour du grain de diamant et de le faire grandir pendant plusieurs semaines. Un processus très lent qui reproduit les conditions de création naturelle du diamant.
  • La seconde technique est appelée la CVD (Chemical Vapor Deposition). Elle permet aux atomes de carbone de se cristalliser pour devenir du diamant. Cette cristallisation a lieu dans une atmosphère de basse pression via de l’hydrogène à l’état de plasma.

 

Les diamants de culture intéressent de plus en plus l’industrie joaillière ainsi qu’une nouvelle clientèle. En 2018, la maisons De Beers (numéro 1 mondial) a fait sensation en lançant sa propre marque de bijoux en diamants synthétiques.

Car, en effet, outre ces techniques de production respectant la règle des 4C propre aux diamants – à savoir : couleur, coupe, carat et clarté, ces pierres revendiquent d’autres arguments de poids. Le premier : le prix qui est 30 à 50% moins cher que les diamants naturels. Un positionnement révolutionnaire et un prix plus bas qui reflète des coûts de production moindres. Autres arguments en faveur de ces diamants de culture : les questions écologiques et sociales. En effet, leur production serait moins polluante et très respectueuse d’un point de vue éthique, loin de l’image néfaste des « blood diamonds » et des extractions à outrance.

 

Comme le souligne Thibaut de La Rivière, directeur de Sup de Luxe :

« Cette alternative éthique et écologique touche particulièrement les millenials, très sensibles à la traçabilité, aux questions sociétales mais aussi au rapport qualité/ prix. »  Face à cet engouement, de plus en plus de maisons optent pour des collections de haute-joaillerie entièrement composées de ces diamants issus de la haute technologie. Prouesse technologique, prix attractif, engagement responsable… Cette pierre de synthèse aurait-elle donc tout pour elle ?

 

Un parfum de discorde

 

Pour de nombreux grands noms de la joaillerie, l’arrivée de cette pierre de laboratoire est à prendre avec un certain recul. Débat d’appellation, duel éthique ou effet sur le marché… L’industrie traditionnelle revendique notamment la notion de rareté propre aux diamants naturels. Certains experts concluent simplement que le positionnement du diamant de synthèse sur le marché traditionnel n’est pas le même.

 

Les deux camps s’affrontent aussi sur le terrain de la durabilité : extraction pour l’un et production pour l'autre, certains évoquent une industrialisation de la production des diamants de synthèses, les comparant même à des bijoux fantaisie.

 

Alors, séparation stricte ou mutualisation des enjeux, il est encore difficile d’anticiper l’ascension de ces pierres précieuses d’un nouveau genre mais, une chose est sûre le diamant n’a pas fini de briller sous les feux des projecteurs.

 

Points forts de l'actualité